POÈMES
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LA MUSE
J’entendais tes chansons
Et j’étais ciel étrange
Désespéré comme un poisson
Dans l’eau miracle d’une mare.
J’écrivais, fébrile, les mots
Que tu dictais à mon oreille,
Je n’avais que toi et j’étais seul
Comme sont seuls tous les poètes.
Ta voix était douce
Mais insistante, faut bien que
Les mots se comprennent.
Et le son que j’entendais
Me touchait jusqu’aux entrailles.
C’était une voix féminine
Celle de l’âme ou bien du coeur.
Une belle voix de femme
Qui fait parler tous les bonheurs.
Elle résonnait dans mon cerveau
Faisait vibrer tout mon crâne
Me réveillant la nuit
Dans un sursaut afin que
Le souvenir ne se fane.
Je cherchais à la hâte un stylo
Et je notais sur la page.
Et le son que j’entendais
Me touchait jusqu’aux entrailles.
Et dans un tressaillement
J’écrivais
D’une écriture
Si nerveuse
Que les mots
Étaient difficiles
À décrypter
Mais il n’y avait pas
De rature.
Si d’aventure, j’oubliais
De noter un mot que tu me soufflais,
Il revenait en écho dans mon esprit
Par l’insistance de ta voix,
Et j’en étais tout ébloui.
Et le son que j’entendais
Me touchait jusqu’aux entrailles.
Ensuite je relisais ton poème
Comme on découvre un cadeau.
Gérard Yung "La Muse des Métamorphoses"
© Tous droits réservés.
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Encre de Pierre Daboval,
illustration de la Muse des Métamorphoses
© Tous droits réservés. |